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 «Beaucoup de chevaux sont suralimentés»

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moumouche35

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MessageSujet: «Beaucoup de chevaux sont suralimentés»   Jeu 29 Avr - 9:36

jeudi 29 avril 2010 - Julie Conti

«Beaucoup de chevaux sont suralimentés»

De jeunes haflingers broutent dans leur pré. «La niche écologique d’un équidé est l’herbe et, s’il ne produit pas des efforts importants, il n’a besoin de rien d’autre», souligne Bertrand de Rancourt. (Eddy Mottaz)


Deux spécialistes évoquent les erreurs les plus fréquentes qui sont commises dans l’affouragement des équidés


Les coups de pied et les hennissements accompagnent la progression du chariot à grain dans l’allée. Ambiance d’écurie. Le rituel rythme la vie de tous les manèges du pays. Avoine bio ou mélange industriel, chacun a ses recettes. Mais les propriétaires connaissent-ils vraiment les besoins de leurs chevaux? Pas vraiment, selon les spécialistes.

«Beaucoup d’erreurs sont commises dans l’affouragement et font le bonheur des vétérinaires», constate Claude Erard, pharmacien à Porrentruy et éleveur de trotteurs. Le Jurassien, spécialisé dans la nutrition des chevaux, prépare lui-même ses mélanges. Selon lui, peu de gens connaissent la composition exacte de ce qu’ils donnent à leurs montures, que ce soit de la nourriture produite par l’agriculteur lui-même ou achetée toute prête. «Je pense que si on veut nourrir un cheval en accord avec les données scientifiques actuelles, il faut travailler la matière, poursuit-il. Les connaissances évoluent, comme par exemple la dose de calcium nécessaire par rapport au magnésium. On pensait qu’il fallait cinq fois plus de magnésium que de calcium alors qu’on estime aujourd’hui qu’il n’en faut que trois fois plus. On doit donc mesurer ce que contient toute la nourriture qu’on donne aux chevaux pour pouvoir ajuster sa composition. Les foins sont plus ou moins riches en fonction de la nature du sol, de l’ensoleillement, de leur séchage ou de leur conservation.»

Selon Claude Erard, acheter des mélanges spéciaux n’est pas toujours la panacée. «Pour les chevaux comme pour les chats ou les chiens, il existe des qualités de nourriture très différentes.» Le Jurassien ne conseille pas pour autant de se jeter sur les compléments alimentaires hors de prix. Ils sont souvent inadaptés. Une analyse partagée par Bertrand de Rancourt, nutritionniste équin basé en France: «Sur Internet ou dans les magazines, les publicités pour les compléments alimentaires sont souvent complètement farfelues. Il y a beaucoup de mensonges.»

Bertrand de Rancourt estime que les compléments alimentaires sont souvent inutiles mais pas nuisibles. Leur marché est alimenté par le désir des propriétaires de faire plaisir à leur monture comme ils achèteraient une glace à leur enfant. «Cela rassure les gens d’acheter des choses à leur cheval, et certains industriels en profitent», dénonce-t-il. Le Français considère qu’un affouragement simple mais de bonne qualité suffit pour un cheval en bonne santé. «Mais s’il a une seime ou une fourmilière par exemple, il sera intéressant de lui donner un complément, à base de biotine et de zinc notamment, pour une durée de 12 à 18 mois.»

Le système digestif des chevaux est fragile et, combiné à des conditions de détention confinées, un affouragement non approprié peut entraîner de graves maladies comme la colique ou les ulcères. Les besoins d’un animal dépendent de son activité mais aussi de sa race. Plus une monture est rustique, moins elle a besoin de nourriture. Un franches-montagnes est beaucoup plus facile à entretenir qu’un pur-sang. «La niche écologique d’un équidé est l’herbe et, s’il ne produit pas des efforts importants, il n’a besoin de rien d’autre», souligne Bertrand de Rancourt.

Un cheval de compétition a besoin d’être nourri davantage mais sans exagération. Sa ration ne doit pas excéder le double de celle d’une monture de loisir selon le nutritionniste. Les spécialistes s’accordent à dire qu’ils voient davantage d’animaux suralimentés que pas assez.
«Certaines personnes me montrent des poneys obèses en me disant qu’ils ne peuvent pas arrêter de les nourrir, raconte le Français. Je leur dis qu’ils ne doivent plus donner que du foin et de la paille s’ils ne veulent pas les tuer.»


Dans le domaine de l’élevage, en revanche, l’affouragement est plus important. «Une poulinière en lactation doit manger deux fois plus qu’un cheval de sport, signale Bertrand de Rancourt. Et une vache laitière est encore bien plus difficile à nourrir. Nos montures de compétition sont des promeneurs à côté.» L’apport alimentaire des poulains et de leur mère est le plus compliqué à définir et le plus coûteux. Il est particulièrement décisif pour la qualité des articulations de l’animal en pleine croissance. «Dans les courses de trot, le naisseur touche 10% des gains du cheval durant toute sa carrière, rappelle Claude Erard. Il a donc intérêt à faire naître un animal en bonne santé et solide, contrairement à certains éleveurs de montures de sport ou de loisir qui font davantage d’économies.»

L’anthropomorphisme est à l’origine de beaucoup d’idées fausses ou d’erreurs dans l’alimentation.
«Les gens croient que les chevaux peuvent faire de l’anémie s’ils n’ont pas un apport de fer supplémentaire, dit Bertrand de Rancourt. Mais le fer doit être apporté en quantités infinitésimales. Le fait d’avoir un mors dans la bouche pendant 30 minutes par semaine ou de lécher le loquet de la porte ou de la mangeoire suffit largement.» De même, l’alimentation d’un cheval adulte doit varier aussi peu que possible sous peine de détruire la flore intestinale. Mais si Claude Erard préconise d’augmenter la ration avant un effort, comme une course, le nutritionniste français le déconseille fortement: «C’est inutile et dangereux. L’homme stocke certaines molécules que le cheval ne stocke pas.»

La fréquence de l’affouragement est importante. Mais, selon Bertrand de Rancourt, elle est souvent sous-estimée: «Quand on compte le nombre de repas d’un animal, on ne s’occupe que du grain mais on oublie que le cheval est aussi nourri avec du foin, de la paille, de l’herbe, etc. Si un cheval a besoin d’un demi-litre par jour, on peut le lui donner en un repas.»
Les véritables spécialistes de la nutrition équine sont rares. Il est plus facile de trouver un magnétiseur qu’un nutritionniste pour sa monture. Nombre de propriétaires ont donc du mal à naviguer dans la jungle de produits et de conseils disponibles pour la nourriture. D’autant plus que les intérêts économiques des industries spécialisées sont conséquents.
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