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 Les chevaux sauvages mettent-ils à mal le delta du Danube ?

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moumouche35

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MessageSujet: Les chevaux sauvages mettent-ils à mal le delta du Danube ?   Mer 28 Juil - 18:37

Nature & voyage

Les chevaux sauvages mettent-ils à mal le delta du Danube ?


par Gwendal Perrin, Mercredi 28 juillet 2010



Dans les marécages du delta du Danube, comme ici près de Tulcea, dans le parc national de Macin (Roumanie), la biodiversité de la région est en danger à cause de la prolifération de chevaux sauvages. Personne ne semble savoir exactement quoi faire pour trouver une solution à ce problème

La fragilisation de l’écosystème de la région serait en partie imputable à l’augmentation de la population des chevaux sauvages.

Inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1991 en raison de l’importance de sa biosphère, qui regroupe pas moins de 1 200 espèces de plantes, 300 d’oiseaux et 45 sortes de poissons d’eau douce, le delta du Danube n’est cependant pas qu’une réserve de biodiversité. Il constitue aussi la porte d’entrée du réseau fluvial européen sur la Mer noire, antre d’importantes réserves d’hydrocarbures que se $ disputent la Roumanie et l’Ukraine, les deux pays qui ont des droits sur la région.

Alors que les rives ukrainiennes sont encore très isolées, la Roumanie a quant à elle cherché à valoriser ses rivages, notamment grâce à l’écotourisme. Sauf que la présence massive de chevaux sauvages importune de plus en plus. « Il y a entre 3 000 et 4 000 chevaux sauvages dispersés sur le territoire du Delta […] En fait ce sont des chevaux domestiques qui ont été amenés par l’homme et qui ont retrouvé leur état sauvage ici », précise le vétérinaire Stefan Raileanu. Cette importante (ré)implantation et ce retour à l’état sauvage pourraient constituer un danger grandissant pour le fragile écosystème de la région. « Il suffit que ces chevaux s’installent quelque part, et le lendemain, le terrain ressemble à un stade de football après deux matchs de suite sous la pluie », souligne notamment Viorel Rosca, directeur du Parc naturel de Macin, à la frontière avec la Moldavie. « Ils sont impitoyables. Il y a des espèces de fleurs qui disparaissent après avoir mis très longtemps à se développer », déplore-t-il encore.

Les populations du delta sont quant à elles assez partagées sur la question. Un vieux pêcheur, Vladimir Nistor, prône l’éradication pure et simple : « Qu’ils aillent au diable ! Moi, je dis qu’il faut tous les tuer, ils bouffent nos forêts ». La jeunesse locale n’est globalement pas de cet avis, toujours bercée par le culte du cheval, au demeurant très présent dans cette région où les cavaliers n’ont pas abandonné la route aux voitures.

Pas de solution miracle

La solution est-elle vraiment de se débarrasser des équidés ? Viorel Rosca répond par l’affirmative : « Bientôt, ces forêts uniques au monde ne seront plus qu’un souvenir. Il faut absolument qu’ils partent pour protéger le delta ». L’Institut national du delta du Danube veut se montrer plus conciliant. « Nous devons trouver une solution pour ne pas briser ce phénomène nouveau dans le delta », tempère ainsi son directeur, Romulus Stiuca. Capturer les chevaux sauvages n’est dans tout les cas pas une mince affaire.

La situation économique de la région, en délitement constant, constitue par ailleurs un obstacle de poids. Les subventions promises pour parquer les chevaux dans des espaces aménagés n’ont ainsi toujours pas été versées. Dans le bois de Letea, la barrière de fil barbelé construite en 1994 n’existe quasiment plus et l’argent pour la remettre en place n’arrive pas. La pauvreté croissante a contraint les paysans locaux qui avaient soit importé soit domestiqué ces chevaux à les abandonner. De fait la plupart des équidés sont finalement devenus des laissés-pour-compte qui, à force d’hivers rigoureux et de pénuries de nourriture, se classent en deux catégories, ceux qui survivent – et cherchent par conséquent à s’alimenter par tous les moyens – et ceux qui finissent au bord de la route. « Beaucoup sont morts cet hiver, qui a été particulièrement rude et froid » confirme M. Raileanu.

M. Rosca a proposé une alternative plutôt séduisante, « attraper ces chevaux pour les exporter vers d’autres régions du pays, et les revendre à des prix très bas aux paysans roumains dans le besoin ». Le gouverneur de la réserve de la biosphère du Delta Grigore Baboianu se dit quant à lui contraint à l’attentisme : « L’Union Européenne nous donne des financements pour résoudre ce casse-tête écologique, mais il faut d’abord trouver la meilleure solution. Nous sommes en train de réunir tous les spécialistes pour cela ». « Les chevaux ne se laissent pas attraper, ils sont prêts à donner leur vie pour conserver leur liberté », conclut Stefan Raileanu. Mal connue voire ignorée dans les pays occidentaux, cette situation n’en est pas moins, effectivement, un véritable casse-tête. Seuls un plan d’action concret et une aide budgétaire européenne pourraient permettre de le résoudre. Pour l’heure l’argent manque dans les caisses de l’Etat, et la nécessaire préservation des forêts et de toutes les espèces est à l’origine d’un dilemme particulièrement inconfortable.

Crédit photo : Flickr – mickael clarke stuff
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